Le bilan de la tempête Xynthia est impressionnant : 60 morts, 45 000 hectares de terre inondée par une vague d'eau salée (6 à 7 km à l'intérieur des terres), perte de milliers de bovins et ovins, 450 km de digues côtières à reconstruire ou à réparer...
Dans la commune de Saint Michel de Lherm, 1500 hectares de terres cultivées que des hommes ont mis deux siècles à récupérer à la mer ont été repris en deux heures.
Sur 1350 km de digues côtières, un tiers devront être impérativement réparées avec un coût des travaux estimé à 1 million d'euros le kilomètre.
Cette catastrophe avec sa composante naturelle (conjonction de 2 phénomènes : très forte marée et tempête avec des vents violents) a aussi une part humaine avec des constructions dans des zones côtières inondables. A La Faute sur Mer, en Vendée, le plan de prévention des risques d'inondation élaboré par la préfecture de Vendée en 2008, avait défini qu'une très grande partie de la commune était située en zone rouge et donc déclarée inconstructible.
La tempête Xynthia pose, entre autres, la question de l'urbanisation des zones inondables et au-delà, la prévention contre les autres risques majeurs comme les séismes, les mouvements de terrain, les feux de forêts, les avalanches …
Le risque inondation est le premier risque naturel en France. Les zones inondables s'étendent sur plus de 27 000 km2. Il concerne 16 100 communes et plus de cinq millions d'habitants. Depuis cinquante ans, les dommages engendrés par les inondations sont de plus en plus importants à cause du développement urbain dans les zones inondables. Entre 1999 et 2006, près de 100 000 logements ont été construits dans les zones inondables de 424 grandes communes.
Créés en 1995, les Plans de Prévention des Risques (PPR) définissent une stratégie de prévention contre les risques majeurs encourus. Après sa prescription par le préfet, il est soumis à consultations (conseil municipaux, autres collectivités territoriales…) pour être enfin approuvé par le préfet. Après son approbation, le Plan de Prévention des Risques, constitue une servitude d’utilité publique, qui doit être annexé au plan local d’urbanisme. Il faut préciser que les municipalités concernées par les PPR inondation ne s'empressent guère pour leur mise en oeuvre : seules 46 communes sur les 864 exposées à ce risque en sont dotées. Enfin, les communes dotées d'un PPR prescrit ou approuvé doivent organisées tous les 2 ans des réunions d'information du public.
Dans notre commune les risques auxquels nous pourrions être confrontés sont nombreux : inondation, incendies de forêts, séisme, mouvement de terrain (il ne nous manque plus que le volcanisme).
Pour Breil et ses hameaux, les PPR inondation, séisme et mouvement de terrains en sont tous au stade de la prescription. Le document d'information communale sur les risques majeurs (DICRIM) établi par le maire doit être consultable en mairie. Au niveau des risques technologiques, le transport par voie routière de matière dangereuse est considéré comme un « aléa identifié » (sic).
Pour le risque inondation, il faut prendre en compte le débit de la crue de la Roya dite «centenaire» qui a été réévalué pour passer de 900 m3/s à 1300 m3/s, ce qui aura des conséquences bien plus graves au niveau des habitations situées en bordure de la Roya d'autant que les 2 galeries de dérivation du pont supérieur ne pouvent absorber que 450 m3/s et laissent en aval dans le lit de la Roya près de850 m3/s. Quid du quartier Isola, de la passerelle?
Pour le risque sismique « on » évalue « l'aléa moyen » entre 3,5 et 4 (sur une échelle de Richter allant jusqu'à 10). Notre village est situé sur une « petite » faille dite BSM (Breil-Sospel-Monaco). Une autre faille dite ST part de Saorge pour se terminer à Taggia (à côté de San Remo).
Pour les incendies de forêts, il n'existe pas de PPR au niveau de la commune. Surprenant!
Mon propos n'est ni de faire peur ni de créer un sentiment
d'angoisse mais de nous sensibiliser aux risques majeurs encourus
et plus particulièrement nos élus municipaux pour qu'ils agissent
auprès du préfet afin que les Plans de Prévention des Risques
soient adoptés et préparés pour être opérationnels aux moments
opportuns. Après il sera trop tard.
André IPERT
Bibliographie numérique:
www.enviro2b.com
rubrique Sites et urbanisme
www.alpes-maritimes.pref.gouv
rubrique Risques majeurs
www.azurseisme.com

